Bourg historique

Un article de Patrimoine-Saint-Herblain.

Le bourg ancien de Saint-Herblain est longtemps resté resserré autour de l’église Saint-Hermeland, bâtie sur la pente du coteau dominant la vallée de la Loire. La place entourant le monument, dont l’espace irrégulier est formé par l’élargissement de rues étroites, témoigne encore d’une organisation vraisemblablement médiévale.

En surplomb, l’ancienne voie menant de Nantes à Couëron (aujourd’hui rue Henri Radigois et rue de l’Hôtel de Ville), montre dans son bâti l’extension linéaire de l’agglomération, vers l’Ouest et vers l’Est, au cours des XIX et XXes siècles. Au Nord, l’actuelle rue Pierre Gicquau et la rue des Calvaires suivent le tracé de l’ancien chemin menant vers le village des Closeaux, traversant la Chézine pour atteindre la route de Vannes.

L’Hôtel de Ville, bâti au long de cette voie en 1936 (Joëssel architecte) dans une étonnante architecture de pierre et d’ardoise, a été considérablement agrandi ensuite pour répondre aux besoins de ce qui est devenu progressivement une ville.

Les maisons de bourg sont implantées à l’alignement des rues, montrant parfois par l’étroitesse de leurs façades qu’elles ont été bâties sur un parcellaire ancien. Mais elles datent pour la plupart du XIXe siècle ou du début du XXe.

La rue de la Gare montre des maisons modestes, construites en alignement discontinu dans les années 30 ou 40, sur le modèle de la villa en milieu de parcelle. Il s’agit ici d’une extension linéaire vers la gare au Sud.

Il faut attendre la deuxième moitié du XXe siècle pour voir le bourg prendre ses dimensions actuelles, avec une urbanisation pavillonnaire au Nord, et dans une moindre mesure au Sud, où les contraintes du relief ont limité son extension. En même temps, plusieurs ensembles de collectifs ont été construits, sans remettre en cause l’organisation générale du bâti. Au contraire, une importante opération de restructuration urbaine, basée sur l’affirmation de la « forme urbaine » (la rue, la place, l’alignement, etc.) a permis de donner au centre-bourg une ampleur nouvelle, autour de la création d’une place bordée de commerces, la place de la Paix.

Les extensions successives ont englobé d’anciennes implantations rurales, hameaux ou fermes isolées, établies de part et d’autre de la voie principale, ou sur le coteau, comme la ferme de la rue Sainte-Marguerite au Sud du bourg, aujourd’hui entourée de maisons récentes. On rencontre ainsi aujourd’hui en plein bourg des architectures parfois très anciennes, qui ont conservé leurs caractéristiques premières, ainsi que des murs anciens ou des croix de chemin.

Hormis au Nord, où il jouxte la zone d’activités, le bourg de Saint-Herblain s’avance en éperon vers le Sud. Il jouit ainsi sur son pourtour de belles vues sur la vallée de la Loire, les zones humides et les îles d’Indre.