Bourgonnière
Un article de Patrimoine-Saint-Herblain.
La Bourgonnière est une ancienne terre herblinoise qui occupe l’espace délimité par, au nord, l’actuelle rue Jean-Marie Brûlé et au sud, la vallée de Tougas. En 1568, le domaine appartient à Jeanne Michaël, épouse de Jacques Cybouault puis, en 1594 à Guillaume Blanchet et son épouse, Marthe Cadaran. En 1618, on l’attribue à Louise Blanchet et Mercure Michaël, à l’origine du château. Le 16 mai 1680, Jean Michaël, écuyer, et son épouse Catherine Le Chauff, marient leur fille, Renée, à Jean-Baptiste Le Long du Dréneuc, Chevalier, Ecuyer du Roi, lequel se trouve être l'Ancêtre d'une herblinoise venue habiter à La Crémetterie en 1957. Le domaine change de mains.
La Bourgonnière connaît un nouveau propriétaire en 1781 avec l’union de Marie-Angélique Le Long et de Jean-Marie Binet de Jasson. Cette famille noble détient un patrimoine foncier déjà très important dans le comté nantais, notamment le Pays de Retz. Le 24 pluviôse de l’an II (12 février 1794), Marie-Angélique demande le divorce pour cause d’émigration de son mari. Il s’agit du premier acte d’état-civil de ce type enregistré à Saint-Herblain. Mais, la motivation réelle en était la conservation de son domaine. En effet, la propriété doit être vendue comme bien national ; ce qui, finalement, se produit deux ans plus tard.
Le 2 thermidor de l’an IV (20 juillet 1796), les officiers municipaux de Saint-Herblain procèdent à la vente de La Bourgonnière. A cette occasion, on décrit une maison principale et une maison fermière comprenant cour, écurie, ménagerie, boulangerie, pressoirs, caves et celliers. Les bâtiments sont clos de murs en partie en ruines et le portail d’entrée communique avec deux basses-cours. L’ensemble est acquis par le citoyen Julien Robergeau, négociant nantais, pour la somme de 62 852 livres. Marie-Angélique retrouve La Bourgonnière après la Révolution mais on ignore de quelle manière. Elle l’a probablement rachetée. Le 28 fructidor de l’an VI (14 septembre 1798), elle épouse en secondes noces Jean-Baptiste Guitton. Il est né à Nantes dans le foyer des boulangers, Pierre Guitton et Marie Cormerais et fut baptisé en l’église Saint-Vincent le 4 juillet 1773.
Jean-Baptiste Guitton fut nommé maire de Saint-Herblain le 23 novembre 1807 et succède à Pierre Loyer. On le qualifie de rentier avec un revenu annuel de 3 000 francs, qui monte à 6 000 en 1810. Il demeure à la tête de la municipalité jusqu’au 1er janvier 1826 mais reste 1er adjoint du nouveau maire, le baron de Pimodan. Il quitte ses fonctions, le 6 juillet 1827, au profit de Paul Ambroise Devin, 1er adjoint du marquis de Regnon. A la suite de la démission de ce dernier, en 1830, le préfet le rappelle à la mairie le 23 août, ce qu’il refuse prétextant son installation dans la commune de Couëron (château de Bougon) depuis 5 ans. Enfin, en 1847, on lui propose à nouveau le poste d’adjoint qu’il refuse. Pourtant, il s’était de nouveau installé dans la commune, à La Changetterie ; il fait construire en remplacement d’une borderie achetée en 1817, un manoir, actuellement rue Théophile Guillou. Il y meurt à l’âge de 88 ans, le 18 novembre 1862. Il laisse une veuve, Marie-Louise Grandlieu, épousée après le décès de Marie-Angélique Le Long survenu en 1831.
En 1841, le château de La Bourgonnière est habité par Marie Binet, fille du premier mariage de Marie-Angélique Le Long et veuve d’Alexandre Carré de Lusançay, et ses deux enfants et quatre domestiques. Au recensement de 1846, seuls le fermier, Jean Guérin, et son épouse, sont évoqués. En 1849, le domaine est acheté par un certain Caillé, négociant à Nantes, pour la somme de 110 000 francs. On y fait d’importants travaux de réparations à cette époque. En 1906, on mentionne un autre propriétaire, un dénommé Houssay. Il y possède trois fermes qui sont exploitées par Jean-Marie et Pierre Brûlé et la famille Moulet. Une allée existait autrefois entre le virage de la rue Léon Ignasiak (près de l’étang) et la cour du château. Elle était bordée de platanes et de marronniers. En 1919, la société des forges de Basse-Indre acquiert le domaine, fait abattre les arbres et vend le bois. Cette allée était fermée par une grille, également disparue. Depuis 1945, les terres ont été progressivement loties. La demeure devient une maison de retraite tenue par des sœurs dans un premier temps puis, un bâtiment moderne dans les années 1970. Le parc est préservé et accueille un équipement intercommunal depuis 1993, une piscine.
