Parc de la Bégraisière
Un article de Patrimoine-Saint-Herblain.
Le site de la Bégraisière fait partie d’un ensemble de domaines anciens implantés par la noblesse sur les sites privilégiés que sont les coteaux de la Chézine et les coteaux de la Loire : Plaisance, Bagatelle, Gournerie, Essongère, Béhinière, Bernardière, Garotterie…
La propriété s’étendait sur 28 hectares ; 8 hectares constituent l’actuel parc de la Bégraisière.
Le domaine présente un caractère rural très marqué, à mi-chemin entre la résidence de campagne par son manoir, et la ferme par ses bâtiments agricoles.
Les bâtiments sont implantés au centre de la propriété entourée de murs.
A l’avant, le jardin d’agrément était ceint de murs bas qui permettaient d’établir une liaison visuelle avec la campagne. A l’arrière, les jardins d’utilité (potager, verger, vigne) étaient protégés par des murs hauts. On retrouve des traces de cette vocation dans la partie nord avec des rejets de vigne et dans la partie sud avec des restes d’un alignement d’arbres fruitiers.
La médiathèque redonne aujourd’hui aux bâtiments leur importance au centre d’un nouvel espace qui recouvre les anciens jardins d’utilité ; cet espace constitue un espace de dialogue entre les deux architectures.
A l’ouest, le bâtiment côtoie un paysage bocager au relief légèrement bombé et fortement marqué par un réseau de haies et de bosquets plus ou moins denses. L’identité rurale du lieu est forte.
Une vaste prairie couvre tout l’espace qui sépare la voie communale du mur de l’enclos.
Un pin parasol s’élève à l’angle du mur. De par sa forme caractéristique, c’est un repère insolite, un point d’appel fort parmi la végétation traditionnelle du bocage.
Le pin parasol est aujourd’hui utilisé comme élément emblématique du Cours Hermeland.
Article de Ouest-France du 15 août 2009 :
Depuis l'été 2009, le célèbre pin parasol dans le parc de la Bégraisière a triste mine.
Une de ses plus grosses branches, située sud ouest, s'est écroulée. Les circonstances de cette chute sont multifactorielle, à savoir qu'elle est due à l'attaque de champignons et au ruissellement de l'eau.
Il avait subi un contrôle phytosanitaire, comme tous les arbres du parc, et était déjà sous surveillance. Le service des espaces vert a donc été amené à sécuriser la zone au sol, ainsi que la branche Est qui donne également quelques signes d'inquiétudes.
Ils ont découvert que le pin était habité par des nids de chouette et d'épervier. Cette chute de branche, amène auprès des riverains tristesse et inquiétude.
Ginette Clouet, nostalgique, témoigne : « dans mon enfance, mes parents avaient une parcelle de terre sous le pin et nous y venions régulièrement pour pique-niquer. » La branche devait être débitée et remise à l'usine Arc-en-ciel.
Une réunion aura ensuite lieu pour décider de la conduite à tenir pour la préservation de l'arbre. Ce pin parasol a plus de 200 ans et est devenu, de par sa forme caractéristique, l'emblème du cours Hermeland.
D'ailleurs, le couloir central de la médiathèque a été construit en fonction du pin parasol. Il n'est pas classé.
L’enclos, situé à l’arrière du manoir et délimité par un mur de pierre, s’identifie comme un espace agricole récent qui contraste fortement avec le parc de la Bégraisière à l’avant du manoir. Néanmoins il présente des qualités paysagères intéressantes. Du centre du pré, un axe est – ouest offre une vue privilégiée, plus naturelle qui contraste fortement avec l’axe des pôles urbains nord – sud. Le parc et le bocage constitue un écrin végétal autour de l’enclos et définissent un espace en creux privilégié, chaleureux et protégé où niche une grande surface de prairie, verte et lumineuse.
Le mur d’enceinte renforce cette sensation de protection. Une qualité pittoresque et romantique se dégage de ses ruines, associées à celles des communs.
Brèches, porte, passages font également de cet espace en creux un lieu ouvert que l’on peut franchir visuellement et physiquement. Les éléments remarquables qui leur sont très souvent associés (arbres majestueux, manoir…) constituent des points d’appels forts qui invitent au déplacement.
La partie avant du manoir se distingue par son aspect de parc d’agrément hérité d’un parc rural ancien. Elle correspond à une typologie assez usuelle sur la commune : une allée rectiligne bordée d’arbres, commandée par un porche à piliers, traverse un parc ceint de murs pour mener à une maison de maître. Ce parc présente de très beaux arbres anciens (Chênes, Châtaigniers). Le boisement de faible densité laisse un sous-bois dégagé et ouvert sur la nature. La présence d’anciennes canalisations empierrées caractéristiques de l’époque de la construction du domaine contribuent à l’originalité du site. Quelques éléments affirment désormais son caractère urbain (interventions d’artistes, choix du mobilier, soins apportés à l’entretien).
Le manoir et ses communs constituent une coupure entre le parc et les espaces d’utilité (enclos) à l’arrière ne laissant de jonction possible que sur les côtés.
Au nord du manoir, la jonction visuelle s’effectue par une zone de transition en pelouse qui procure une qualité de profondeur intéressante alors que la jonction physique n’est pas incitée.
Au sud la coupure est accentuée par l’obstacle physique que constitue la mare, alors que des liaisons visuelles réciproques sont très belles au dessus du miroir d’eau à travers les alignements des vieux arbres.
Le parc se prolonge au nord – est de la voie de l’allée Prosper Mérimée vers un boisement d’inspiration plus naturelle qui devait faire partie de la propriété. Il constitue une liaison privilégiée entre la Chézine et la Bégraisière.
Source :
- Aménagements paysagers des abords de la Médiathèque – Avant Projet Sommaire – Octobre 1993 – Anne Maguero
- Notes diverses
