Pontpierre

Un article de Patrimoine-Saint-Herblain.

Située à environ 1 km du quartier Bourg de SAINT-HERBLAIN, le site de Pontpierre couvre 23 hectares aujourd’hui réaménagé en espace de loisirs à vocation publique où a été construite la salle de la Carrière.

En 1991, lorsque la Ville prend possession des lieux, la carrière de Pontpierre se présente comme une gigantesque excavation d'une surface totale d'environ 5 hectares, témoignant de près de 50 années d'exploitation. Le carreau qui surplombe l'excavation est situé à une altitude de 8 m NGF, alors que le plateau environnant dépasse 30 m NGF.

A la fin de l'exploitation de la carrière, le fond de l'excavation se situait à la cote - 65 m NGF, soit 69 mètres sous le niveau de la Loire.

Le site de la carrière est parcouru par le ruisseau de Pontpierre qui prend sa source à environ 1 km au nord du site. Partiellement busé, le ruisseau reprend son cours naturel à travers les prairies humides de la vallée de Tougas.

HISTORIQUE DU SITE

Pendant 49 ans, de 1934 à 1983, le site de Pontpierre qui occupe 20 hectares a connu une activité intense avec l’extraction de granulats, matériau utilisé dans le bâtiment et les travaux publics. Jusqu’en 1960, l’activité est restée au stade artisanal. Par la suite, elle a pris des proportions industrielles. Une première usine de concassage s’installe près de la route, provoquant le mécontentement des riverains gênés par le bruit, la poussière et les risques de voir tomber des grosses pierres dans leur jardin.

En 1965, l’établissement est classé parmi les sites « dangereux, insalubres et in commodes » par un arrêté préfectoral obligeant le déplacement des engins vers le fond de la carrière. L’exploitation de la carrière ne faiblit pas pour autant. A partir de 1979, 600 000 tonnes de granulats sont extraites par an.

En 1977, la mairie fait inscrire Pontpierre au Plan d’Occupation des Sols en secteur ND correspondant alors à un zonage de protection des espaces intéressants pour le développement de la faune et de la flore.

En 1981, la pression exercée par la ville et les riverains aboutit à la fixation par anticipation de la fermeture de la carrière au 31 mars 1983.

En 1985, alors que la carrière est fermée depuis deux ans, le propriétaire des lieux souhaite ouvrir une décharge de déchets industriels. Cette activité lui est refusée par la Préfecture en 1986.

De 1986 à 1991, le propriétaire comble la carrière avec des remblais, activités soumise à simple déclaration à la Préfecture. Pour les riverains, la décharge devient vite une gêne importante, notamment à cause des odeurs « d’œufs pourris » qui émanent de cette zone.

En 1991, suite aux multiples et divers recours menés par le propriétaire contre la procédure d'expropriation, la Ville de Saint-Herblain prend possession en Juillet 1991, d'un site largement dégradé :

• le carreau est jonché de matériaux divers et de constructions hétéroclites

• le plan d'eau est recouvert d'une couche de débris flottant d'une épaisseur moyenne de 3 mètres soit environ 120 à 150 000 m3

• l'excavation est partiellement comblée par des remblais hétérogènes et instables

• la qualité des eaux de l'excavation s'est détériorée

• des odeurs nauséabondes, engendrées par le dégagement de sulfure d'hydrogène (H2 S), sont périodiquement détectées.

LA REHABILITATION DE LA CARRIERE

De décembre 1992 à mai 1993, la ville entreprend de vidanger l’ancienne carrière. 1 500 000 mètres cubes d’eau sont analysées et traitées (injection d’eau oxygénée pour oxyder les sulfures) dans un bassin de stockage sur le carreau de Pontpierre. Avec l’accord du service maritime de navigation, l’eau est ensuite envoyée via des canalisations de transfert vers un bassin de marée où les eaux sont à nouveau stockées avant d’être rejetées dans la Loire en période de jusant.

Conséquence, les 150 000 mètres cubes de flottants (bois, papier, plastiques, métaux, bidons, fûts non polluants) tombent au fond de l’excavation. Les opérations de nettoyage démarrent : 400 bidons sont récupérés et analysés par la cellule d’intervention chimique des pompiers. Ne présentant pas de risques de pollution, ils seront incinérés à Bassens en Gironde.

Le remblaiement avec des matériaux inertes issus de nombreux chantiers de l’agglomération nantaise peut commencer. A la fin de cette opération, en décembre 1997, 1 600 000 mètres cubes de remblais sont apportés et répartis dans l’excavation sur une épaisseur de 30 à 35 mètres.

Pendant la phase de remblaiement, le pompage d’entretien a permis de collecter 540 000 mètres cubes d’eau rejetée dans le réseau d’assainissement ou dans le milieu naturel en fonction de la qualité des effluents.

L’excavation est transformée en un plan d’eau de 5 hectares, alimenté depuis le ruisseau qui traverse le site. Le pourtour de la carrière est paysagé. Le site retrouve progressivement un aspect de site naturel. La salle des fêtes ouvrira fin 1999 vers le front de taille à proximité du plan d’eau.

La réhabilitation du site s’achève en 2008 par l’aménagement d’un jardin de plantes méditerranéennes localisé au pied du front de taille nord.

De par ses nombreux points de vue permettant la découverte des panoramas tout à fait insolites et impressionnants, la carrière de Pontpierre présente d'indéniables virtualités sur le plan paysager. Un tel site peut en effet autoriser l'adéquation subtile des composantes minérale (les fronts de taille), végétale et aquatique...

Source :

- Données internes – Ville de Saint-Herblain